Voilà le compte rendu de ma CCC.
Ca fait quelque chose comme 6 mois que mon inscription a été validée. Je faisait donc parti des heureux tirés au sort. Cette année il y avait un peu pret 120% de préinscrit.
La préparation a commencé a cette période avec des entrainements et des courses de préparation ( le glazig, l'abewrac'h, guerledan, entre dunes et bouchots, le tour des lacs a jugon, le bugul
noz....), des sacrifices dans divers domaines, des passages a vide (notamment après guerlédan), de joie...
En tous cas, j'ai fait tout mon possible pour réussir ce defi de l'année.
J'ai donc pris le départ de la gare de Brest le lundi matin 6h37 pour un long et interminable trajet pour arrivée a 21 h12 sur Chamonix. Dix minutes de plus en taxi pour arriver au centre UCPA
d'argentière où j'étais logé pour la semaine.
J'avais décidé de partir assez tôt pour profiter des paysages, arriver sans stress une veille de départ et m'acclimater un minimum à l'altitude.
Avant la course jai donc pû faire 2 randos. Une le mardi Argentière/La Flégère/Lac Blanc/Argentière.
Une autre le lendemain Argentière/ Lognan avec le téléphérique/glacier d'argentière/Lognan/Argentière.
Le mercredi soir j'ai retrouvé les collègues rencontrés sur la forum yanoo (luc de lorient et david de trégarantec) qui venaient de faire la route depuis le bout du monde.
Des bretons de plus à défier le Mont Blanc!!!!
Le jeudi matin nous descendons sur Chamonix pour prendre la température sur la ligne de départ et récupérer nos dossards, Le sésame au centre sportif!!!!
Nous arrivons vers 10h30, c'est déja la queue a l'extérieur. L'oganisation de la course est tellement rodée que ça défile très rapidement. On rentre dans la salle, différents points de passages:
signature d'une attestation comme quoi tu as tous le matériel obligatoire dans ton sac durant la course, pose d'un colier sur le sac qui atteste que tu le garde tout au long de la course, retrait
des dossards, pose de la puce au poignet, ticket pour le bus Cham/Courmayeur, récupération du tee shirt. Bref tout un circuit drolement bien fait, on sent qu'il y a de l'expérience...On sort, on
croise Thierry le Floch De Brin d'Avoine rencontré lui aussi sur Yanoo.
On prend la direction du salon du trail sur la place du Mont Blanc, il fait une chaleur de fou, on apercoit quelques têtes d'affiche, Katie Dubois, Dawa Sherpa. D'ailleurs, une anecdote: On
recroise Dawa dans les rues de Cham. au moment où on s'engoufrait un sandwich et il nous dit " Ne mangez pas trop... ". Dawa, d'une simplicité... On profite aussi pour faire quelques photos de la
mer de glace qui domine Cham. et de l'arche d'arrivée.
Allez on remonte sur Argentière et decidons de préparer notre sac ensemble, histoire d'être sur de ne rien oublier.
Une fois fait, on de la température estivale pour piquer une tete dans la piscine extérieure, un luxe la veille d'une course. Que du Bonheur. On débat alors un peu sur le menu du soir a l'UCPA,
patte, riz ou alors pour rigoler, choucroute, cassoulet, farritas. BINGO, le soir en arrivant dans la salle a manger, du Chili con carne. Les boules, pour moi, il n'y aura que du riz/beurre et
des crudités.
Direction les chambres pour une essayer de passer une bonne nuit. 5H30 vendredi matin les portables bipent un a un dans la chambre. Bizarre!!!! SMS de l'organisation: "Prevoir des affaires
chaudes, pluies, neiges et vents annoncés"
Le ton est donné.!!!! Il va falloir faire avec. Je décide donc de rajouter un tee shirt en plus dans le sac.
Direction le petit dej a 6h30 puis direction Cham pour prendre la navette vers Courmayeur a 7h30. Passage dans le tunnel du Mont Blanc. Coté Italien le temps ne s'annonce guère rassurant. Et la
pluie redouble d'intensité a l'approche de l'heure de départ. Ambiance garantie sur la ligne, le speaker italien fait chauffer les coureurs, mini hola, les hymnes Italien, Suisse et Francais se
succèdent et enfin la musique de Vangelis "accross the Mountains". Signe que dans quelques temps le top départ va être annoncé.
10h00, le départ sous la pluie et l'orage est donné sous les applaudissements des courageux spectateurs et bénévoles. On part avec Luc et Nico (Vosgien rencontré a l'UCPA) en queue de pelotons
avec 2 joelettes italiennes qui font profiter des premiers sentiers a de jeunes handicapés.
On traverse les rues de Courmayeur, avant de rejoindre les premiers sentiers qui nous menent a Planpincieux. Le sentier s'élève pour aborder la première difficulté, le Refuge de Bertone. Les
bouchons sur ces premiers sentiers il y en aura, on évolu pas a pas jusqu'au refuge en 2h28 (1713eme).
D'ailleur pour gagner du temps nous ne nous arrêtons pas au ravito liquide. Direction La tête de Tronche (plus haut sommet de la course 2584m). Nous sommes toujours en fil indienne avec le reste
du peloton. C'est pas notre rythme. Dès qu'il y a possibilité, on double. Pas le choix avec les barrières horaires. Vers 2200m le temps s'eclairci et profitons pour sortir les appareils photos.
On est là aussi pour le paysages!!! On arrive a tete de tronche en 3h37 (1524eme).
Maintenant c'est le moment de lacher les chevaux vers Bonati 5 km plus bas et déja 4h31 de course ( 1468eme). J'en profite pour faire le plein d'eau. Nous sommes toujours tous les trois, plutot
cool pour le moral. Le beau temps est toujours de la partie. On repart a 3 pour Arnuva dans le fond de vallée km 27. Sentiers en zig zag, on peut dérouler quand il n'y a pas de bouchons. On
croise quelques randonneurs qui font le tmb. Ils n'ont pas choisi le bon jour avec toute cette file de coureurs. Je distance Nico et Luc dans la descente et rejoins Arnuva 1767m alt en 5h30
(1485eme). C'est le premier ravito en solide. Une soupe, du fromage Tuc, coca et c'est reparti pour l'ascension du fameux grand col Ferret 2537m.
c'est là bas dans le fond a gauche!!!
Luc et Nico viennent d'arriver.
Le beau temps toujours présent, je décide de lever la veste. Ca va chauffer!!! Au loin, on devine la file indienne qui monte jusque las haut. Les premiers sentiers sont étroits donc impossible de
doubler. On passe la rivière, et arrivons dans un champs, le chemin s'élargit et passe la démultiplication. Je double en marche rapide sans puiser dans mes réserves, les jambes et le moral sont
au beau fixe.
Un peu plus haut le chemin se rétrécit mais reste suffisamment large pour doubler.Le sommet approche, on le voit au long, la pente diminue le vent souffle fort. La tente jaune de pointage
est là au km 31, 6h55 (1310eme).
Je remet ma veste pour la descente vers la Fouly pour ne pas attraper froid. Le chemin est bon, les distances entre les coureurs augmentent ça déroule tranquilement jusqu'au petit refuge un peu
rustique de La Peule. Ravito improvisé en eau, j'en profite pour charger ma gourde en eau + 2 sachets de sel. 2/3 étirements préventifs puis je reprend le chemin pour le prochain pointage de la
Fouly. 2km plus loin on sort du sentier pour reprendre une portion de route de 3 km jusqu'au ravito. Portion de route obligatoire dû aux mauvaises conditions météo qui ont rendu le chemin des
crètes trop dangereux.
Arrivée au ravito de la Fouly km 41 en 8h12 (1192eme), je rentre dans le barnum et un déluge s'abat. Ouf je suis à l'abri!!! 20Mn pour avoir une soupe et un coca, c'est un peu long mais c'est
bon. Tant pis je préfère perdre un peu de temps a ce moment pour bien me ravitailler. Je ressort pour faire le plein de camel et repartir pour Champex 14 km plus loin. La pluie a redoubler
d'intensité, l'appareil photo est au chaud, de toute façon il est HS. l'humidité!!!!. FIN DES PHOTOS.!!!
Je continu mon petit bonhomme de chemin le long de la rivière, les chemins et les pierres sont rendues très glissantes. Je reprend une longue portion de route descendante, Ca déroule mais un
petit point a l'estomac me met un dôute. Je pense que j'ai avalé trop vite mon précédent ravito. Il est temps que la descente s'achève pour lever le pied. 1 km après Praz le Fort (mi parcours),
le chemin enfin, ça monte dur jusque Champex. Le point a l'estomac a disparu le faite de baisser d'intensité. Tout est ok. on passe dans les sous bois de sapins, le sol est meuble, ça change. A
2KM de champex les premiers supporters et spectateurs sont là, ils nous encouragent forts par nos prénoms, les cloches résonnent, ça donne la banane. Ils sont sympa ces Suisses!!!
Arrivée a Champex km 55 en 10h28 (1103eme). Là c'est le gros ravito et le moment de passer en mode nuit. Le barnum est blindé de coureurs et d'accompagnateurs. Certaines mines sont tirées. Je me
trouve un bout de table pour poser mes affaires et part faire une queue de 20 bonnes mn pour avoir une soupe et un plat de pates. MIAM MIAM!!!! Je me pose pour manger et me changer entièrement
exepté les chaussures et manchons bas. Me voilà au sec, je charge mon bidon et mon camel en eau et sel et c'est reparti sous la pluie. En tout 50 mn s'écoulent à ce ravito.
Je ressors, la frontale sur la tête et prend la direction de Bovine en longeant le lac de Champex. J'arrive encore a courir jusqu'au début de cette fameuse montée. Je recolle un coureur. On fait
la moitié de la montée ensemble a un bon rythme puisqu'on double des pelotons entiers. Cette montée est cassante, On passe des marches de 20 à 80 cm et des passages de rivière très scabreuses
puisque le niveau de l'eau commencait a recouvrir les pierres, le bruit de l'eau nous fait dire qu'il y a du débit. Des groupes se forment mais je ne suis pas a mon rythme. Dès que je peux, je
double. J'arrive alors au pointage de Bovine km 65 en 13h38 (993eme). Une petite soupe et repars faire le plein au prochain ravito.
Ca continu de monter plus légèrement 2047 m, donc je marche rapide. Là je commence une des pires descentes. Vers Trient, la pluie a rendu les chemins boueux et ruisselants. Des fois de
l'eau et de la boue jusqu'aux chevilles. Je fais comme je peux pour tenir debout. Dans un groupe que j'accroche dans la descente j'entend dire que l'UTMB a été écourté et que la TDS a été annulée
a cause des conditions météo. Ca craint vraiment. Des gens sont toujours dans les rues alors qu'il est près de 1 heure du matin et que le vent et la pluie persistent. Merci pour leurs
encouragements.
J'arrive au ravito de Trient km 71 en 15h03 (925eme). Je fais vite le tour, soupe pour se réchauffer, un verre de coca et recharge ma gourde en eau + sel. Le froid commence a se faire sentir dans
des vetements plus que trempés. La veste bien qu'imperméable ne l'est plus au bout de 15h de course. Je vais vite me réchauffer en partant a l'ascension de Catogne à 2027m.
Une courte portion de route pour sortir du village nous amène sur un sentier qui s'élève vite en virages serrés dans une foret de sapins. Cette montée est difficile mais je continue de remonter
le peloton. Le sol est moins boueux mais pierreux donc les appuis sont meilleurs. le souffle se fait court sur certaines portions plus pentues. Avec un groupe on ressort de la forêt sur une
portion beaucoup moins pentues (les tseppes), puis descendante. La visibilité est de 10 m env., pluie, vent, brouillard, grésil au menu et rejoignons le pointage de Catogne Km 76 en 17h05
(844eme).
Les bénévoles ont eu la superbe idée de faire un feu a l'extérieur de la tente. Du bonheur pour se rechauffer.
A ce moment je me dit que le but approche car il ne reste plus que 2 descentes et une montée.
Je ne perd pas de temps et repars vers Vallorcine. Une longue descentes boueuse et technique a travers une forêt de pins. Les appuis sont fuillants. Je reste concentré, ça serait dommage si prêt
du but de se blesser. Lorsque que le chemin est moins pentu je me permet de courir pour gagner toujours un peu plus de temps. A un moment je m'égare un peu, je n'appercois plus de balisage. En
effet, je suis sur un chemin de descente VTT. Les autres sont un peu au dessus. Je récupère alors ce chemin. et continu avec ce groupe. On croise alors un bénévole qui remonte et nous dit que la
course est neutralisée a Vallorcine. On se pose plein de questions, si prêt du but c'est dommage. On fini la descente sur la piste de ski pour rejoindre le pointage de Vallorcine km 82 au bout
de 18h04 de course (822eme). On arrive, on se fait pointer et on nous dit que la course s'arrête là pour nous. On nous félicite quand même. Je les remercie mais demande pourquoi. On me dit
que le temps au sommet de la "tete au vents" (dernière difficulté avt de basculer sur cham) est éxécrable. 110 km de vent, pluie, tentes envolées et début d'hypothermie pour certains.
En effet faut admettre que la decision est honnête et que l'organisation ne peut pas se permettre de mettre la vie des coureurs en danger.
Tous ceux présents a Vallorcine avons été rapatrié sur Chamonix en bus. Il en est de même pour ceux arrêtés a Trient.
La décision est dure a accepter car la ligne d'arrivée de Chamonix n'a pas été franchie alors que la course tenait a sa fin. Il faut accepter. Cela a peut etre permis de sauver des vies. (cf.
trail du mercantour: 3 morts dans des conditions extremes l'hiver dernier).
Je m'estime donc être finisher de la CCV (Courmayeur/Champex/Vallorcine) avec une sensation de "pas fini" et de ne pas avoir ressenti l'émotion d'une ligne d'arrivée pour une course de cette
dimension.
Dans tous les cas je me suis fait plaisir et tiens a remercier l'organisation et tous ces bénévoles ainsi que les spectateurs qui vous donnent la banane sur le parcours.
Revanche l'année prochaine....A SUIVRE après réflection
Place a la récup.